des Petites Pattes du Causse

des Petites Pattes du Causse Teckel poil dur

Teckel poil dur

la consanguinitée


 


                                                                               La consanguinité


 


Le but de l'élevage:

Quand vous vous lancez dans l'élevage de chiens de race, vous allez vouloir obtenir des chiots qui auront des caractéristiques le plus proches possibles du chien idéal. 
Vous pourrez estimer avoir fait du bon travail d'élevage quand vous obtiendrez des portées homogènes.

Si le but de votre élevage est juste de produire des chiens équilibrés, sans spécialement vouloir faire des champions, ou que vous ne voulez faire qu'une portée a votre chienne, pour garder un chiot et en donner d'autres a vos amis, alors soyons clair: n'élevez pas en consanguinité ... 

Les stratégies:

Vous pouvez aller chez un éleveur, choisir une chienne dans une portée qui vous semble réunir toutes les caractéristiques physiques désirées, étudier les carnets de travail de ses géniteurs, et la ramener chez vous. Vous n'avez plus qu'à choisir un mâle présentant les mêmes caractéristiques, et vous aurez mis de votre coté toutes les chances de produire de beaux chiots....

Hélas, ce n'est pas si simple...
Si vous ne choisissez vos géniteurs qu'en fonction de leur phénotype, vous ne savez pas grand chose de leur génotype. Beaucoup de gènes récessifs ne sont pas visibles chez vos chiens mais apparaîtront dans leur descendance.
En fait, vous aurez beaucoup de chance si vous obtenez des résultats satisfaisants avec une méthode pareille. Spécialement si vous allez acheter votre lice chez un éleveur professionnel, il y a peu de chance qu'il vous vende une chienne dont il pense qu'elle aura une belle descendance, il la gardera pour lui.

Une solution pourrait consister à choisir vos reproducteurs sur les caractères qui apparaissent chez leurs produits. Ainsi, plutôt que de faire un choix sur le phénotype constaté, vous faites votre choix sur le génotype supposé.
La démarche a déjà plus de chance de vous donner satisfaction, mais elle présente de sérieux inconvénients : il vous faudra attendre qu'un lice ait fait plusieurs portées devenues adultes pour la choisir. Difficile à trouver.

Il vous faudra donc, si vous voulez vraiment faire un élevage, commencer avec une lice dont vous ne connaissez pas totalement la valeur génétique, et patiemment améliorer ce patrimoine, génération après génération. Si la lice est belle et qu'elle chasse bien, elle a des gènes qui vous intéressent, il ne vous reste plus qu'à renforcer la présence de ces gènes dans votre élevage, tout en éliminant les défauts qui sont cachées dans son patrimoine génétique et qui ne manqueront pas de ressortir un jour.

En fait, le renforcement des gènes désirables et l'élimination des gènes non désirables se font grâce à la même technique. Dans les deux cas, pour arriver au résultat, on va augmenter la consanguinité, et sélectionner les produits.
Mise en oeuvre :

Vous avez donc ces milliers d'allèles, qui sont reparties au hasard si vos chiens ne sont pas consanguins (tout les chiens de race sont un peu consanguins, mais on va négliger cette consanguinité que vous n'avez pas maîtrisée). En augmentant la consanguinité, vous allez trier ces gène en mettant deux par deux les allèles similaire. Certains caractères récessifs ressortiront, vous éliminerez les mauvais et garderez les bons.

Hélas, vous aurez des difficultés à obtenir des chiens avec tous les bons caractères et aucun mauvais. Plus la consanguinité sera poussée, plus le nombre de chiens avec un défaut rédhibitoire augmentera. Quand vos portées ne vous donneront plus que des chiens tarés, cela voudra dire que vous êtes allé trop loin. Mais ce moment arrivera d'autant plus tard que vos chiens de départ auront un bon patrimoine génétique.

Nous allons maintenant voir les différentes stratégies d'élevage en consanguinité, mais d'abord, nous allons rappeler deux règles fondamentales à ne jamais oublier:

-On ne doit élever en consanguinité que des bons, voire de très bons sujets. Si le patrimoine génétique de départ de vos chiens n'est pas bon, la consanguinité ne va rien améliorer.

-Plus on élève en consanguinité, plus la sélection qu'on effectue doit être sévère, sous peine de porter un grand tort à la race en diffusant des sujets tarés.

La première stratégie qui peut être utilisée est de trouver un très bon mâle, et de faire de la consanguinité sur lui. Vous allez faire saillir votre femelle par ce champion, garder la meilleure femelle, et la faire saillir par son père.

Les produits ainsi obtenus auront toutes les chances de ressembler à leur père, ce qui était le but. Cependant, cette méthode vous amènera en une génération à un pourcentage de consanguinité F(COI) de 25% (voir 'Comment calculer un pourcentage de consanguinité' pour les calculs), ce qui est élevé, d'ou le risque de n'avoir aucun bon chiot dans votre portée. 

Et encore, on a pris comme hypothèse que les géniteurs que vous utilisez au départ ont un coefficient F de 0%, ce qui n'est pas le cas. Souvent, un champion aura déjà un coefficient élevé, ce qui amènera votre portée à des coefficients très élevés (30%, 40%, voire 50%).

Cette manière de faire de la consanguinité poussée peut être cependant utilisée avec avantage dans un but de test: quand vous avez produit un très bon sujet qui brille en exposition et en field trial, lui faire faire une portée en consanguinité poussée peut servir à révéler ses défauts avant de l'utiliser à fond. Si cette portée de test révèle des défauts graves, vous devez utiliser votre mâle avec discernement, sous peine de diffuser largement dans la race ce défaut.

Si vous êtes moins pressé, vous attendrez une génération de plus, et ferez saillir au champion sa petite-fille. Ainsi, F ne sera 'que' de 12,5%, et vous pourrez toujours rajouter une dose des gènes du champion en croisant les produits avec un fils ou une fille du champion, qui sera l'oncle ou la tante de vos produits. Cette manière de procéder par petite touches parait plus prudente, mais bien sur elle prend plus de temps. Elle vous permet quand même de minimiser les chances d'avoir une première portée complètement tarée, ce qui hélas arrive souvent quand on fait de la consanguinité.

Une autre stratégie consiste à marier des individus d'une même génération. 

Là encore, le mariage le plus consanguin, frère/soeur, vous apportera les résultats les plus rapides avec cependant de grands risques d'échouer. Il est indispensable avant de se lancer dans une telle entreprise d'être sur que les géniteurs sont tous deux très bons, voire exceptionnels, et même que les parents eux même valent vraiment le coup. En effet, dans ce cas-la, vous faites à la fois de la consanguinité sur le père et la mère de vos géniteurs.

Mais si le vos deux géniteurs sont très bons, ainsi que leurs parents, on se demande ce que vous cherchez encore...

Plus sage aussi, est de marier des demi-frère et soeur, donnant un coefficient F moins élevé, et vous permettant de maximiser la présence des gènes d'un individu particulier, le père ou la mère que vos chiens ont en commun, qui lui est vraiment exceptionnel.
Et après ?

Bon, admettons que vous avez réussi à obtenir un beau chien qui a une consanguinité élevée. Que faites-vous maintenant ?

Vous cherchez une chienne, belle aussi, qui soit le moins consanguine possible avec votre chien, tout en étant elle même consanguine, et vous leur faites faire des chiots.

Comme votre chien est très consanguin, il est « raceur », c'est-à -dire qu'il se reproduit a l'identique (ou presque). Si la chienne que vous avez choisie est très consanguine aussi, elle est « raceuse » aussi, donc vous avez maximisé vos chances que vos chiots ressemblent au père ou à la mère. Donc. Si les deux parents sont beaux, vos chiots devraient être beaux.
Et pourquoi donc choisir une femelle qui n'est pas consanguine avec votre mâle ? Parce que vous avez fait beaucoup d'efforts pour obtenir ce mâle très consanguin, donc vous savez que chaque augmentation de consanguinité entraîne des problèmes. Donc, si votre mâle est bien raceur, pas la peine de tenter le diable en voulant faire toujours plus ; les chiens peu consanguins sont souvent plus équilibrés mentalement, et tombent moins malades. C'est donc ces chiens qui doivent sortir de votre élevage.

 
Le choix des reproducteurs et consanguinité

L'apparition de la vie, puis les milliards d'années d'évolution ont abouti non seulement à l'homo sapiens, mais aussi à toutes les formes de vie sur notre planète. S'il est certain que les protozoaires et les amibes sont nos lointains ancêtres, les années, les climats, les hasards des mutations génétiques ont joué leur rôle pour faire de nous ce que nous sommes.

Si demain vous décidez de recréer l'homme à partir d'amibes, il vous suffira de quelques milliards d'années, de retrouver les conditions climatiques géologiques et l'activité solaire identiques aux milliards d'années déjà écoulées et d'avoir une incroyablement improbable chance d'obtenir les mêmes mutations génétiques pour y arriver.

Pour votre élevage, il en est un peu de même en ce qui concerne le choix des reproducteurs. Plus vous partirez de reproducteurs d'un haut niveau, plus il y a de probabilités (il s'agit bien de probabilités et non de certitudes !) que vous réussirez à avoir de beaux chiots. Si vous ne profitez pas du travail de sélection de la nature et des éleveurs qui vous ont précédé, avec du temps et de la chance vous y arriverez peut-être aussi. Ce n'est qu'une question de probabilité. Vous n'aurez par contre AUCUNE chance d'y parvenir si le capital génétique de tous les reproducteurs successifs que vous allez utiliser ne comporte pas les gènes des caractères recherchés. Il vous faudra attendre une mutation génétique favorable, et alors là : patience et bonne chance !

Partons du postulat que vous possédez une petite femelle et que vous voulez avoir de beaux chiots. Votre chienne étant d'un certain niveau, elle transmettra la moitié de ses gênes à ses bébés, l'autre moitié proviendra de l'étalon. Le niveau de l'étalon peut être jaugé au travers des instruments de sélection (voir grille de sélection) qui, s'ils ne sont pas absolus car principalement basés sur le phénotype, méritent tout de même d'exister. Plus l'étalon en question sera consanguin, plus il aura de chances d'être homozygote pour les caractères recherchés et plus vous aurez de chances de les récupérer pour vos futurs bébés. Voila pourquoi il est plus que souhaitable que non seulement le niveau de l'étalon soit élevé et supérieur à celui de votre chienne, mais encore qu'il soit issu d'une lignée fortement consanguine.

Si vous souhaitez de beaux chiots, mettez un maximum de chances de votre côté. La situation idéale est que les 2 géniteurs soient de vrais cracks, ce qui relève du loto lorsqu'on démarre son élevage en achetant la femelle à 2-3 mois. L'étalon "crack" lui, même s'il n'est pas chez vous, reste souvent accessible.

Dès que vous vous serez lancé dans le choix des reproducteurs, vous vous trouverez donc face à un point incontournable, la consanguinité. Elle peut être la meilleure et la pire des choses car elle a pour particularité de fixer les caractéristiques génétiques d'une souche. Ces caractéristiques peuvent être très recherchées ou pas du tout et on parle alors de tares.

Chez les animaux sauvages qui vivent en société, généralement seul le mâle dominant s'accouple avec les femelles qui sont souvent ses sœurs, ses filles, ses cousines etc… Soit il a de grandes qualités génétiques qui seront fixées dans sa souche du fait de la consanguinité et cette souche perdurera. Soit il véhicule certaines tares génétiques préjudiciables et à nouveau du fait de la consanguinité elles seront fixées aussi mais, soumise la rigueur de la sélection naturelle qui ne tolère aucune faiblesse, sa souche ainsi diminuée finira par disparaître.

Tous les dangers de l'élevage consanguin décidé par l'homme résident là. L'homme qui sélectionne par consanguinité ses animaux reproducteurs n'est pas, loin s'en faut, aussi rigoureux que la nature par rapport aux animaux qu'il aura produit. Il s'acharnera à essayer de faire vivre et reproduire les sujets porteurs de tares génétiques importantes allant ainsi droit vers l'impasse et la catastrophe. Voila pourquoi beaucoup de spécialistes (vétérinaires) mettent la consanguinité à l'index : ils n'ont (souvent à juste titre) qu'une confiance limitée dans les capacités et la rigueur de la sélection de l'éleveur et préfèrent conseiller une voie à moindre risque.

N'oublions pas toutefois que de nombreuses grandes races de chiens sont issues d'un nombre très restreint de géniteurs.

La consanguinité existe dans la nature et est partout autour de nous. D'ailleurs ne peuvent s'accoupler que les espèces avec un certain degré de consanguinité (un chien avec un chien mais pas un chien avec un chat). Il ne faudrait donc parler que de degré de consanguinité et non pas de consanguinité tout court. Si aucune n'apparaît dans le pedigree de votre chien, vous la retrouverez si vous pouvez "remonter" de quelques générations de plus. Ce n'est donc qu'une question d'information.

Si dans le pedigree de vos chiots apparaît à plusieurs reprises le nom d'un géniteur, cela prouve une consanguinité plus ou moins forte. Ce qui importe c'est de connaître la valeur génétique de ce géniteur. Est-il reproducteur Elite, a-t-il reproduit de très beaux sujets, a-t-il un excellent caractère ? Si la réponse est oui c'est une consanguinité intéressante. Si au contraire c'est un chien quelconque, à la limite du type et qui a déjà notoirement transmis des tares c'est une consanguinité catastrophique.

La consanguinité permet l'établissement de souches avec des caractéristiques fixées. Il est intéressant ensuite, si l'on veut introduire dans cette souche d'autres caractéristiques qui lui manquent de procéder à une retrempe, à savoir de trouver un reproducteur d'une autre souche bien distincte (mais avec une consanguinité forte à l'intérieur de cette souche) et chez laquelle ces caractéristiques qui manquent à la première sont bien fixées.

Pour simplifier, si votre chienne a de très belles oreilles et que c'est le cas de presque tous ses frères, sœurs et cousins et que ces belles oreilles sont dues au reproducteur X très présent dans leur ascendance, il est souhaitable de la marier avec un chien issu d'une souche consanguine sur le reproducteur Y où la situation est la même concernant les yeux. Ainsi vous aurez des chances d'avoir une partie des chiots avec de belles oreilles et de beaux yeux et qui retransmettront ces deux facteurs à leur propre descendance.

Notons au passage que, du fait de l'homozygotie qu'elle induit, seule la consanguinité permet l'éradication de certaines tares dues à un gène récessif.

Si c'est une méthode de choix pour un bon élevage de sélection, la consanguinité ne pardonne pas la médiocrité des géniteurs ou du sélectionneur vis-à-vis des gènes majeurs. Ceux qui auront eu la chance de partir avec un bon stock de gènes et de peu se tromper en route auront d'excellents résultats. Inversement si un éleveur clame qu'il est contre la consanguinité, il proclame du même coup son ignorance et son incompétence.

Pourquoi alors cette odeur de souffre autour de la consanguinité ? Tout d'abord parce que chez les humains elle est entourée de considérations morales, religieuses ou patrimoniales qui n'ont rien à voir avec la génétique. La génétique humaine elle-même est "suspecte" dès que l'on s'y intéresse. Certains exemples du passé récent ont d'ailleurs de quoi nous faire frémir et méritent de rester longtemps dans la mémoire collective. Notre éthique nous interdit toute sélection génétique sur l'homme.

L'homme se permet de braver les lois de la nature et de la génétique grâce aux progrès d'une médecine de plus en plus performante. Il a même pratiqué la génétique à rebours en envoyant d'une part se faire tuer à la guerre des classes entières de "jeunes mâles sains" et laissant à la maison et, oserais-je dire "à la reproduction", les autres. Heureusement les survivants, le "système D" et les "planqués" ont quelque peu atténué ces aberrations.

Il n'en reste pas moins que comme en éducation, l'anthropomorphisme n'est pas de mise en sélection canine et nous ne devons en aucun cas transposer en génétique animale les interdits et les tabous que nous impose la morale en génétique humaine.

* Beaucoup d'entre vous l'auront constaté, cet article est fortement inspiré par les travaux du Professeur Guy Queinnec.



La consanguinité est refusée par l'humain car elle est entachée du pêché de l'inceste. Mais lorsqu'on parle de chiens, il faut éviter de faire de l'anthropomorphisme (c'est-à-dire qu'il ne faut pas voir le chien comme un être humain), surtout dans le domaine de la reproduction. En effet, lorsqu'un éleveur pratique la consanguinité, il peut être amené à faire saillir une chienne par son fils ou par son père ou son grand père. Mais dans le royaume des animaux, la morale est sauve. Nous vous invitons à lire cet article pour comprendre enfin ce que la consanguinité implique dans l'élevage canin ... Quels en sont les méthodes, les bénéfices et les déviances ? 


Lorsque l'on veut parler de consanguinité, il faut parler de « sélection » et de « lignée » ! Qu'est ce que c'est ? 

Un éleveur qui sélectionne choisit les meilleurs reproducteurs, c'est à dire ceux dont la valeur génétique est la plus intéressante, selon les objectifs de caractères à améliorer en priorité ; il faut entendre ici le mot « caractère » dans son ensemble, c'est-à-dire ce qui constitue le chien ( exemples : oreille dressée, queue en panache, hauteur, couleur …) . Les objectifs de la sélection dépendent du standard, bien sûr, mais aussi du type de marché ciblé (beauté ou travail) et des limites imposées par la nature (prognathisme, fente palatine, obésité …). 

C'est ainsi qu'il se créera une lignée, famille de chiens, obtenue par consanguinité présentant une certaine stabilité et des caractères particuliers (comportement, ossature, qualité de travail …). 

La sélection par consanguinité fait appel à 2 notions de génétiques que sont le génotype : ensemble de gênes. C'est la combinaison des chromosomes (Mendel a prouvé que l'hérédité se transmet grâce aux gênes portés sur les chromosomes des cellules) et le phénotype : ensemble de caractères visibles chez un individu qu'ils soient héréditaires ou non. C'est le résultat de l'assemblage de 2 génotypes mais en fonction de la force du génotype des parents, les résultats peuvent être surprenant. 

Soyons clair, elle n'apporte aucune maladie , par elle même. En revanche, si 2 géniteurs sont porteurs d'une tare génétique celle-ci sera révélée (comme dans l'exemple des couleurs). Ceci est valable pour toutes les espèces, y compris l'espèce humaine – il s'agit de tares ou de maladies héréditaires (par opposition aux anomalies provoquées par des accidents ou aberrations chromosomiques survenues lors de la division des cellules). 

Bien sûr, la consanguinité peut être un piège : en cherchant à renforcer des caractères importants, telles que la couleur ou la stature, on peut, d'un autre côté, renforcer également des caractères que l'on ne souhaite justement pas développer (agressivité, peur, etc …). Il faut donc connaître parfaitement la généalogie des chiens que l'on utilise. Il suffit de voir ce qui s'est passé sur de nombreuses races qui ont connu des effets de mode impressionnants . 

La consanguinité n'apporte pas de maladies, ni de chiens plus fragiles ; 
Elle sert à fixer une bonne lignée. 

Puisque le mot « lignée » revient, rappelons en passant que l'affixe ou le préfixe d'un chien correspond à son nom d'élevage, mais que des chiens portant le même nom d'élevage ne sont pas forcément parents. Un mariage entre 2 chiens portant le même nom d'élevage n'est donc aucunement révélateur de consanguinité. 

Les éleveurs ne sont pas là pour jouer à la loterie ! Leur but est de vous offrir des chiens beaux, certes, mais bons, surtout. 


La sélection par la consanguinité fait appel à des méthodes génétiques éprouvées. Elle demande du courage et des compétences. 

Du courage, car les résultats ne sont pas toujours immédiats (il faut du temps pour corriger un défaut par une qualité) et oblige parfois à une sélection draconienne dans le choix des reproducteurs et au placement des chiots qui ne conviennent pas. Il faut savoir garder les portées, pour voir le résultat du mariage, et savoir vendre à un âge où le chiot est moins séduisant ! 

Des compétences, car il ne s'agit pas de jouer à l'apprenti sorcier ou à la loterie, les mariages consanguins sont réalisés après une analyse sérieuse des génotypes (assemblage chromosomique). Cette analyse passe par des coûts financiers qui peuvent être importants (contrôle des yeux, des hanches, des coudes, etc …). 

Nous l'avons vu tout au long de cet article, la consanguinité permet de révéler les défauts comme fixer les qualités d'un cheptel même restreint en nombre, à condition de tenir compte des résultats de chaque portée et de demeurer lucide et intraitable avec soi même ! 

La consanguinité ne fait pas de cadeau à l'éleveur qui doit savoir ce qu'il veut et surtout ne veut pas ! Et donc doit mettre en adéquation sa volonté et ses actes.

 


Définition du Pr. GRAIN (termes utilisé pour les chiens): Beaucoup de races canines (et domestiques) sont issus d'un nombre très limité d'étalons, voire d'une seul, aussi, la consanguinité est définie comme l'accouplement entre géniteurs plus apparentés que la moyenne de la population dont il est issu.



Terminologie:
Close inbreeding: Accouplement entre individus de 1er ou 2ème degré de parenté (frère-soeur , parents-enfants). C'est une consanguinité proche.
Inbreeding: accouplement entre parenté au 3ème et 4ème degré (oncle-nièce, cousins germains) 
Linebreeding: présence d'au moins 5 degré de parenté entre les géniteurs.
Outbreeding: accouplement d'individus non apparentés. 
Sélection: trie des meilleurs allèles en choisissant les meilleurs géniteurs.
Allèles: Gênes situés de part et d'autres d'un chromosomes de même paire (1 du père et 1 de la mère), placés sur un lieu précis appelé LOCUS. 





Pourquoi faire de la sélection par consanguinité???

Dans l'élevage en général (chiens, chats, chevaux, bétails..) c'est pour obtenir une homogénéité pour certains critères : conformation (relative aux standards divers ou adapté à la production), couleur de robes, textures de poils..).

Chez les furets, la consanguinité n'est généralement utilisée que dans les grands élevages Américains et Européens. Elle a pour but de fixer des critères relatif au standard (pour les pays qui en ont comme les USA) ou relatifs aux objectifs de l'élevage (petits furets, couleurs particulières, belle fourrure...) pour créer de nouvelles couleurs ou textures de poils (longs, angoras). Cependant c'est aussi pour des raisons de facilité et pour éviter d'avoir à entretenir et loger plusieurs mâles. 
En plus, les animaux étant le plus souvent vendus stérilisés, cela réduit le nombre de reproducteurs potentiels aux individus nés à l'élevage. 

En France, il n'y a pas (encore) de standard et les animaux ne sont pas (encore) tous vendus stérilisés. Le choix reste donc plus étendu et la fixation de critères particuliers peu intéressantes. 
Par contre, la sélection par élimination de la reproduction des animaux "tarés" est indispensable.



Les problèmes réels liés à la consanguinité

Deux principales conséquences négatives de la consanguinité:

- L'effet dépressif.
Maintenir 1 sélection par consanguinité sur plus de 5 générations et par des mariages proches (Close inbreeding) peut entraîner un effet néfaste, dit : Dépressif.
Cet effet se traduit par une baisse de vigueur , des défenses immunitaires, des performances de reproduction, une descendance chétive, petite. 
En gros, c'est une dégénérescence de la race ou de l'espèce qui apparaît si on ne contre pas cet effet par un apport de "nouveau sang" et si l'ont n'élimine pas les sujets faibles de la reproduction. 

L'effet dépressif n'apparaît qu'après plusieurs générations de consanguinité. Par contre certains problèmes peuvent survenir après une seule génération.



- L'apparition d'anomalie lié au croisement de 2 animaux porteurs d'un gêne récessif défavorable.
En effet certains de ces gênes ont besoin d'être "croisés" à un "semblable" pour exprimer son caractère défavorable et donc de laisser apparaître des anomalies (malformations, maladies génétique...). Il est évident qu'en croisant 2 individus de même famille proche, on accentue beaucoup ce risque. 

Mais comme les deux reproducteurs sont porteurs du gêne responsable de cette tare, la maladie pourrait tout autant se déclarer chez un descendant en croisant l'un de ces reproducteurs avec un sujet non issu de la même famille mais également porteur du gêne. C'est rare mais très possible, c'est en général ce qui arrive dans l'espèce humaine. 



Et dans la nature alors il y en a ?

Les animaux sauvages, évitent d'eux même la consanguinité pour ne pas tomber dans l'effet de dépression et la baisse de l'immunité. Cependant, la consanguinité n'aurait pas d'interêt, vu qu'il n'y a pas de race, juste des espèces et aucun standard . En plus la nature s'occupe d'éliminer les mauvais sujets. c'est une sélection naturelle. 



Les idées reçues

La plupart du temps se contentent de dire que la consanguinité ne produit que des animaux tarés. Sans savoir (ni chercher) les arguments pour étayer leurs dires. Ils ont toujours entendus cela et le répètent, en ignorant parfois ce que la consanguinité à fait de bons pour les races domestiques. 

Cela ne fait que des tarés !

Non. la consanguinité à permit à chaque races dans chaque espèces domestiques d'être ce qu'elle est, du Yorkshire au Pur sang anglais en passant par le Dobermann, la vache Normande ou le chat angora, et.. le furet albinos. 
C'est également à elle que l'on doit les meilleurs sujets dans chacune des races. 
Elle n'apporte aucune maladie par elle même, cependant si les deux reproducteurs sont porteurs d'une tare qui nécessite que l'autre repro le porte aussi, il y a plus de chance pour que cela arrive en mariage consanguin proche. 

C'est la dégénérescence d'une race !

Ca c'est vrai si on l'on reste toujours dans les mêmes lignées consanguines. Sans apport nouveau, on tombe dans l'effet de dépression qui va affaiblir et détruire la race.

Homogénéité, d'accord mais c'est la fin de la diversité des races !

L'homogénéité est bonne pour beaucoup de critères et pour répondre simplement à la définition de race : avoir des animaux qui peuvent être regroupés par des caractéristiques communes. Paradoxalement, c'est à la consanguinité que l'on doit la grande variété d'animaux au sein d'une race. Pourquoi? Car c'est surtout elle qui fixe des critères typiques d'une race tels que : la couleur blanche du dogue Argentin, la finesse du Dobermann pour ce qui est des chiens. Le nez écrasé du chat persan, la puissance du Quarter horse chez les chevaux ou encore les oreilles tombantes du lapin bélier et la texture du poil des furets angoras. Sans elle, on n'aurai que des chiens loups , des chats de gouttière et des chevaux primitif ainsi que des furets putoisés. 

Voyez les nobles d'antan, ils étaient devenus dégénérés à force de vouloir garder le sang bleu !

C'est exact. Car il n'y avait jamais d'apport de sang neuf. Du coup il y a eu effet de dépression. Les descendants étaient de moins en moins vaillants ! C'est la même chose dans les petits villages isolés ou la population tourne en "vase clos". Malgré tout, l'espèce humaine ne pratique aucune sélection : les sujets malades, "tarés" se reproduisent et ont souvent des descendants aussi , voire plus atteints. 
Sans sélection et sans aucun apport extérieur, la consanguinité est une catastrophe et détruit peu à peu le cheptel.

Dans la nature, il n'y a pas de consanguinité, il y a bien une raison !

C'est vrai même si les rongeurs ont peu de scrupules par exemple.... Mais comme je l'ai dis plus haut, la nature opère par sélection naturelle pour avoir une espèce saine et forte. Les animaux les plus résistants et capables sont seuls à se reproduirent et même à survivre ! Les jeunes chétifs sont délaissés par la mère et meurent immanquablement. Elle n'a pas de critères a suivre ou à fixer si ce n'est celui de survivre au mieux dans son milieu. Il n'y a pas de races, il n'y a pas besoin de consanguinité. 

Chez les humains cela ne se fait pas et personne ne le préconise !

C'est avant tout un problème éthique et de moral qui varie selon les cultures.

En Inde par exemple, comme dans d'autres pays (ou certaines tribus) les mariages sont le plus souvent arrangés entre cousins. 
Jamais entre frères et sœurs ou parents, mais parfois entre oncle-nièce. 
Les problèmes n'y sont pas plus fréquent qu'ailleurs.

Pourquoi le préconiser? L'espèce humaine n'a pas à fixer des caractères précis...